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Communication dans un congrès

Être sexuellement actif passé 40 ans : Pour HBO aussi, le sujet fait débat

Résumé : « It’s not TV. It’s HBO ». Inauguré en 1996, ce slogan provocateur a fortement contribué à passer le mot d’une volonté, de la part des dirigeants de la chaîne du câble premium américain HBO, de se repositionner stratégiquement en mettant l’accent sur des séries se revendiquant comme originales. Le retentissement de cette campagne de communication a même valu audit slogan un certain nombre de détournements parodiques, dont le plus célèbre est peut-être : « It’s not TV. It’s porn » (Auster 2010 : 228). Démarcation par le sexe, volonté d’aguicher le public en versant délibérément dans l’explicite : la relation trouble (et parfois mal perçue) qu’entretient HBO avec le sexe lui a assurément permis de se faire une réputation qui dépasse les frontières américaines. Mais cette relation s’applique-t-elle aux personnages de fiction (et à leurs interprètes) ayant dépassé la barrière « fatidique » des 40 ans ? Peut-on affirmer que, à travers ses séries originales, l’effort de démarcation entrepris par HBO dépasse les catégories confortables que constituent les jeunes adultes et les trentenaires ? Pour répondre à ces questions, je me concentrerai sur les séries produites par la chaîne aux États-Unis au cours des deux dernières années, entre août 2019 et 2021. Il s’agira ainsi de donner suite à une thèse soutenue à l’université Paul-Valéry Montpellier 3 en janvier 2021 (« Nudité frontale et sexe explicite dans les séries télévisées de HBO : entre beaux-arts, pornographie et cinéma d’auteur »), dont les résultats seront publiés dans une monographie qui paraîtra début 2022 aux Presses universitaires François-Rabelais. Ma démarche sera d’ordre quantitatif, puis qualitatif. En me fondant sur un recensement personnel de l’ensemble des représentations de nudité et de sexe dans les séries de HBO durant la période définie, je commencerai par tirer les principaux enseignements relatifs aux personnages ayant atteint ou dépassé la quarantaine. Se montrent-ils actifs sexuellement ? À quelles pratiques sexuelles s’adonnent-ils ? Dans quelle mesure leur corps est-il mis à nu ? À partir de ces premiers constats, je procéderai à plusieurs études de cas qui viseront à révéler les réflexes, mais aussi les contradictions d’une chaîne comme HBO – dont l’identité forte ne garantit pas que tous les programmes soient faits du même bois. Entre la sexualisation de Nicole Kidman/Grace Fraser dans The Undoing (2020) et celle de Kate Winslet/Mare Sheehan dans Mare of Easttown (2021), par exemple, le rapport au vieillissement et à l’altération du corps est radicalement opposé. Plutôt que de livrer « la » vérité du diffuseur, ce sont sans doute ces différences de traitement qui seront les plus à même de nous renseigner sur les ambivalences et les tiraillements des chaînes américaines de l’ère moderne – même celles qui prétendent « ne pas faire de la télévision ».
Type de document :
Communication dans un congrès
Liste complète des métadonnées

https://hal-univ-montpellier3-paul-valery.archives-ouvertes.fr/hal-03452126
Contributeur : Benjamin Campion Connectez-vous pour contacter le contributeur
Soumis le : vendredi 26 novembre 2021 - 17:43:04
Dernière modification le : samedi 27 novembre 2021 - 03:44:14

Identifiants

  • HAL Id : hal-03452126, version 1

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Citation

Benjamin Campion. Être sexuellement actif passé 40 ans : Pour HBO aussi, le sujet fait débat. Âgisme : construction et déconstruction des représentations liées à l’âge dans la littérature, les arts et les médias, Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3, Oct 2021, Paris, France. ⟨hal-03452126⟩

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