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Préface de "Les études stratégiques en France sous la Ve République. La structuration d’un champ disciplinaire au service d’une politique" de Matthieu Chillaud

Résumé : Ma relation scientifique avec M. Chillaud, a commencé à la fin de l'été 2012, lorsqu'il m'a proposé ce fameux sujet « Les études stratégiques en France sous la V e République. La structuration d'un champ disciplinaire au service d'une politique ». Il s'agissait d'un deuxième doctorat par lequel le candidat disait vouloir se lier les mains pour traiter un sujet qui lui tenait à coeur. On pourrait s'étonner que, déjà titulaire d'un doctorat de science politique, il ait choisi un professeur de sciences économiques pour diriger une thèse d'histoire, fût-elle militaire, et d'études de défense. Sauf que, par son côté universaliste, le sujet se prêtait bien à la direction par un universitaire adepte de la pluridisciplinarité. C'est ce que j'ai expliqué, à l'époque, dans ma lettre d'acceptation formelle de la demande de direction, en m'appuyant sur mon appartenance au Centre de recherche interdisciplinaires en sciences humaines et sociales, judicieusement « acronymisé » en CRISES. Quelle belle enveloppe pour des recherches en « défensologie » ! Dans ce même document je prévenais les éventuelles inquiétudes du directeur de l'école doctorale 58 de l'université Paul Valéry, en lui indiquant que même si j'étais en réalité professeur à l'université Montpellier 1, même si, présentement, j'étais détaché à l'école de l'air de Salon-de-Provence, même si M. Chillaud résidait plutôt à Tartu (Estonie) qu'à Montpellier, même si, de ce fait, il ne pourrait pas suivre les enseignements de l'école doctorale, rien ne s'opposait à ce que celle-ci accepte M. Chillaud, ni à ce que je dirige cette thèse, dès lors que le candidat le souhaitait. Et ainsi fut fait. Si l'on peut parfois s'énerver du fait que les universitaires se « tirent des balles dans le pied », en créant pour eux-mêmes des règles privatives de liberté, cet exemple montre que l'on peut être directeur d'une école doctorale sans être un « casque à boulons », et néanmoins constater six ans plus tard que l'on a eu raison. En six années nous ne nous sommes rencontrés qu'une fois et pas tout de suite. Ce n'est pas pour autant que M. Chillaud s'est retrouvé seul. Les nombreuses heures passées au téléphone, et les centaines de courriels échangés sont là pour prouver le contraire. Pour autant, cette thèse, ce livre aujourd'hui, est la sienne, est le sien. C'est lui qui en a eu l'idée et il a su garder son cap au cours de ces six années-à tort ou à raison. C'est qu'il est un homme de caractère, sachant bien ce qu'il veut et ayant la capacité de l'obtenir, même lorsqu'il s'agit d'informations non publiques. Il faut dire que notre homme ne manque ni de courage, ni d'inconsciente obstination, ni de culot, toutes qualités qu'il vaut mieux avoir lorsque l'on prétend faire le tour d'un champ de recherche qui fait se rencontrer les fameuses « franchises » universitaires, et le tout aussi fameux mutisme militaire, sous le regard tantôt accommodant, tantôt réticent du pouvoir politique. Quant au produit, qui fait l'objet de ce livre, il n'est pas banal non plus. Pour moi c'est ce que l'on peut appeler un usuel, un document à ne pas lire en continu, mais à consulter en tant que de besoin. Il est d'abord une somme, où l'on trouvera tout le Panthéon de la recherche défensologique. Enfin presque, puisque lors de la soutenance, des rapporteures particulièrement perspicaces ont pu égrener quelques noms manquants, et pas nécessairement des moindres. Mais on est là dans la loi du genre « soutenance » : il faut bien qu'un(e) rapporteur(e) prouve qu'il a fait le travail qu'on lui avait commandé, et par là teste la résilience du candidat. Pour terminer cette préface, je formulerai un voeu. M. Chillaud a voulu tirer de sa thèse un livre, et nul écrivain ne pourra en conscience s'en étonner, tant cette matérialité est encore pour beaucoup, au siècle du tout numérique, l'alpha et l'oméga du travail d'écriture. Mais on peut souhaiter que si les activités de M. Chillaud dans la branche de l'agro-alimentaire lui en laissent le temps, il utilise la masse de données accumulées, pour constituer une digithèque des études stratégiques, à l'instar de la « digithèque de matériaux juridiques et politiques » créée et tenue à jour pendant des décennies par mon collègue et ami Jean-Pierre Maury, par ailleurs inventeur du mot « défensologie ».
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Contributeur : Jacques Aben Connectez-vous pour contacter le contributeur
Soumis le : samedi 4 décembre 2021 - 16:01:57
Dernière modification le : mercredi 29 décembre 2021 - 03:30:35

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Jacques Aben. Préface de "Les études stratégiques en France sous la Ve République. La structuration d’un champ disciplinaire au service d’une politique" de Matthieu Chillaud. Les études stratégiques en France sous la Ve République. La structuration d’un champ disciplinaire au service d’une politique, 2020. ⟨hal-03466134⟩

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