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"Vénus Khoury Ghata/Claude Esteban: dialogue d'obscurcis"

Résumé : En 2008, Vénus Khoury-Ghata publie 'Les Obscurcis', recueil que récompense l’année suivante le Grand prix de Poésie de l’Académie française. Le livre s’inscrit dans l’ambitieuse geste poétique que publient à intervalles réguliers, depuis presque vingt ans, les éditions du Mercure de France : 'Quelle est la nuit parmi les nuits' (2004), 'Les Obscurcis' (2008), 'Où vont les arbres' (2011), 'Le Livre des suppliques' (2015), 'Gens de l’eau' (2018), 'Demande à l’obscurité' (2020), 'Éloignez-vous de ma fenêtre' (2021). Je m’intéresse dans cette étude à la section éponyme du livre, dont la position liminaire renforce la charge symbolique, section-seuil que porte en outre le souffle tenu d’un long poème se différenciant par là des cinq sections consécutives, exclusivement composées de suites poétiques. Pour former des ensembles pleinement cohérents, les suites articulent en effet des respirations à chaque poème rejouées, quand « Les obscurcis » soutient et déploie un seul et même souffle. Cette section, essentielle à plus d’un titre, est par ailleurs dédiée à Claude Esteban et place de facto l’ensemble du recueil qu’elle engage sous le regard de l’ami, décédé deux ans plus tôt, en 2006. Si Vénus Khoury-Ghata pratique fréquemment la dédicace, inscrivant sa poésie à maints égards relationnelle dans une toile d’amitiés qui la soutient en même temps que l’écriture la fonde, j’émets l’hypothèse que cette dédicace va bien au-delà du traditionnel in memoriam – qu’elle ne revendique du reste pas, et dont je doute qu’il constitue l’enjeu de la reconnaissance. Quel est-il, alors, et que nous apprend-il de la poétique de Khoury-Ghata ? C’est ce que l’analyse se propose d’éclairer, à l’endroit d’un signe (apparemment ténu) d’amitié qui s’offre simultanément comme signature d’une poétique. Dans cette optique, je me propose de lire « Les obscurcis » comme la synecdoque d’une œuvre qui, dans les parages de cette « poétique du disparu » que signale Pierre Brunel à propos du Livre des suppliques, (se) construit paradoxalement (sur) une poétique des disparus. Poème-manifeste, non tant au sens artistique-littéraire du terme (il ne s’agit ni de revendiquer des convictions ni a fortiori d’exposer un programme commun) qu’au sens pris par le substantif dans la marine marchande qui atteste de l’état d’un chargement, « Les obscurcis » s’offre, en effet, comme une fenêtre qui donne sur l’œuvre entière qu’elle résume et embrasse simultanément
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https://hal-univ-montpellier3-paul-valery.archives-ouvertes.fr/hal-03634556
Contributeur : Marie Joqueviel-Bourjea Connectez-vous pour contacter le contributeur
Soumis le : jeudi 7 avril 2022 - 17:16:42
Dernière modification le : vendredi 8 avril 2022 - 03:29:10

Identifiants

  • HAL Id : hal-03634556, version 1

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Citation

Marie Joqueviel-Bourjea. "Vénus Khoury Ghata/Claude Esteban: dialogue d'obscurcis". Anne Gourio. Revue NU(e) : "Poèt(e)s", revue NU(e), 2022, Poèt(e)s. ⟨hal-03634556⟩

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