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Au seuil du texte, le chœur : une voix fondatrice qui s’efface. Réflexion sur l’œuvre dramatique de Laurent Gaudé

Résumé : Au seuil du texte, le choeur : une voix fondatrice qui s'efface Réflexion sur l'oeuvre dramatique de Laurent Gaudé. Dans L'Avenir du drame 1 , en 1981, Jean-Pierre Sarrazac observait déjà des formes discrètes de réapparition du choeur dans l'écriture théâtrale des années 1960-1970, en y voyant l'un des procédés de la « rhapsodisation » de cette écriture, entre mode dramatique, mode lyrique et mode narratif. Ce diagnostic, depuis, s'est trouvé largement confirmé par les évolutions des deux dernières décennies, qui ont vu se multiplier les effets de dispersion de la parole chorale en une polyphonie qu'on désigne le plus souvent par le terme de « choralité ». Cependant, les formes récentes d'apparitions du choeur vont bien au-delà de ces procédés, au point qu'on peut être fondé à parler, avec Christophe Triau, du retour d'un choeur « constitué et affiché » 2 dans plusieurs productions scéniques et dramaturgiques. La reprise d'un tel dispositif est probablement le signe du déplacement d'un certain nombre d'enjeux esthétiques et politiques, tels que celui de la représentation du rapport de l'individu au collectif, du sujet à la communauté. Du choeur des morts dans Gibiers du temps de Didier-Georges Gabily à celui de Rwanda 94, « tentative de réparation symbolique envers les morts à l'usage des vivants » du Groupov ; du jeu choral et frontal majoritairement privilégié par Stanislas Nordey à la résurrection par Einar Schleef de la forme plénière et archaïque du choeur antique, avec sa déclamation et sa rythmique propres, la résurgence d'une représentation effective des figures de la collectivité conduit à poser aussi la question du rapport de l'acteur au groupe. De l'avis de Christophe Triau, pourtant, cette résurgence resterait ponctuelle et éphémère, assimilable à « une tension, une aspiration protéiforme plus qu'[à] une forme donnée ». 3 Il ne saurait être question, ici, de déterminer si le retour du choeur est appelé à s'inscrire durablement sur la scène contemporaine, ou s'il ne constitue qu'un épiphénomène. Ce qu'on peut observer, en revanche, c'est que la signification même de cette réapparition est ambivalente. Si le choeur revient, ne serait-ce pas, en effet, pour exhiber son impossibilité à perdurer, souligner son inévitable disparition, mettre en scène son effacement programmé ? Parmi les auteurs récents convoquant sur la scène des figures chorales pleinement assumées, Laurent Gaudé est l'un de ceux qui y ont le plus fréquemment recours : « les femmes de la ville » dans Pluie de cendres (2001) ; « le choeur des hommes palestiniens », « le choeur des
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https://hal-univ-montpellier3-paul-valery.archives-ouvertes.fr/hal-03807062
Contributeur : Carole Guidicelli Connectez-vous pour contacter le contributeur
Soumis le : samedi 8 octobre 2022 - 23:55:45
Dernière modification le : jeudi 13 octobre 2022 - 03:51:19

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  • HAL Id : hal-03807062, version 1

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Carole Guidicelli. Au seuil du texte, le chœur : une voix fondatrice qui s’efface. Réflexion sur l’œuvre dramatique de Laurent Gaudé. Le chœur dans le théâtre contemporain (1970-2000), 2009. ⟨hal-03807062⟩

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