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Communication dans un congrès

Quand les networks renoncent (soi-disant) aux « tits and ass » : Vers une déréification du corps féminin ?

Résumé : « S’il est bien une chose que nous avons tenu à leur assurer, c’est que notre série n’est pas du genre à aguicher le spectateur à coups d’images racoleuses [we're not a tits and ass show] », confie Gregory Hoblit à Todd Gitlin au sujet des relations souvent tendues entretenues par l’équipe dirigeante de Hill Street Blues (dont il faisait partie) avec les responsables du département de supervision censoriale de NBC. De fait, 1981 – l’année de lancement de la série – correspond, selon le témoignage qu’en donne Gitlin dans son essai Inside Prime Time, au point de départ d’une nouvelle ère télévisuelle américaine délestée des comédies frivoles (« jiggle », dont la traduction littérale désigne l’action de se trémousser, de se gausser) et des dramas à l’érotisme sans véritable fondement narratif (« tits and ass »). C’est aussi – faut-il y voir une corrélation ? – l’année choisie plus ou moins arbitrairement par Robert J. Thompson comme point de départ d’un « second âge d’or » de la télévision américaine, ainsi qu’en atteste le sous-titre de son ouvrage souvent pris pour référence : Television’s Second Golden Age. From Hill Street Blues to ER (la série Hill Street Blues a été lancée le 15 janvier 1981 sur NBC). Au cours de cette communication, je mettrai à l’épreuve le postulat de Gitlin en étudiant le rapport à la nudité et au sexe de séries emblématiques des années 1980 : Magnum, P.I. (CBS, 1980-88), The Fall Guy (ABC, 1981-86), Miami Vice (NBC, 1984-90), Hunter (NBC, 1984-91). Autant de créations restées dans les mémoires bien qu’elles ne figurent pas au classement de la « quality TV » établi par Thompson à partir de Hill Street Blues et de St. Elsewhere (NBC, 1982-88) ; autant de productions légères – malgré leurs accès de gravité – dont le nom évoque la dimension prédatrice du héros masculin, « tombeur » ou « chasseur » qui se frotte au « vice » équipé de son « magnum » ou de tout autre attribut symbolique d’un état de domination sur des êtres supposément plus fragiles. J’en profiterai pour discuter une autre hypothèse de Gitlin, selon laquelle le passage aux années 1980 marquerait un début d’effacement du corps féminin au profit (plus ou moins revendiqué) d’une masculinité « triomphante », à la semi-nudité jugée moins répréhensible car ne suscitant pas de facto l’excitation du public – sous-entendu, du public masculin hétérosexuel. De là à y voir une prise de conscience collective se matérialisant par un refus de continuer à érotiser voire à réifier le corps féminin, nous verrons que la réalité s’avère bien plus complexe…
Type de document :
Communication dans un congrès
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https://hal-univ-montpellier3-paul-valery.archives-ouvertes.fr/hal-03452074
Contributeur : Benjamin Campion Connectez-vous pour contacter le contributeur
Soumis le : vendredi 26 novembre 2021 - 17:28:02
Dernière modification le : samedi 27 novembre 2021 - 03:44:14

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  • HAL Id : hal-03452074, version 1

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Benjamin Campion. Quand les networks renoncent (soi-disant) aux « tits and ass » : Vers une déréification du corps féminin ?. Séries américaines de networks des années 1980, Université Paul-Valéry Montpellier 3, Feb 2019, Montpellier, France. ⟨hal-03452074⟩

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